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Sculpture dans son siècle, l’œuvre de Philippe Berry se démarque par son originalité, son indépendance d’esprit et son caractère ludique, loin d’une sculpture abstraite et théorique : Philippe Berry fait « sourire le bronze » comme l’aime à dire Marcelin Pleynet, auteur de la toute dernière monographie sur le sculpteur.
Oeuvre d’humour, de fictions, de jeu, Philippe Berry introduit une nouvelle donne dans la sculpture contemporaine et fait passer le bronze dans le monde de l’enfance, imaginaire visuel où la sculpture est un jeu libre, où les sculptures peuvent devenir jouets.
Pour son exposition en Haute-Garonne, le sculpteur envahit le Château de Laréole et Saint Bertrand de Comminges du 27 juin au 27 septembre 2009 : Splash de couleurs et création d’une chambre d’enfant pour pénétrer dans l’univers de l’enfance - Soldats, Indien et Cow-boy..., ainsi qu’un nouveau travail, spécialement créé pour l’exposition
Philippe Berry s’évade dans les jardins du Château de l’ancienne Gendarmerie, un parcours de « trésors » proposés au public : sculptures monumentales ou de taille humaine, sculptures animalières sur le thème de l’Afrique (Eléphants en équilibre, Famille d’hippopotames).
Le public pourra également découvrir un Grand Pikatchou de Philippe Berry, étonnant mélange d’une représentation antique de l’homme coiffé d’une tête issue d’un manga japonais : le jeu, toujours....
Il faut en effet une maîtrise et un talent tout à fait extraordinaires pour, comme Philippe
Berry n’a cessé très explicitement de le faire, jouer avec et déjouer la lourdeur naturelle
du bronze.
Si nous voulons bien le suivre, et si nous voulons bien l’entendre, Philippe Berry nous
dit que ce monde c’est le monde qui sauve et qui libère, c’est le monde de l’art où tout
est possible, où tout est permis.
"Certes, et tel semble être le propre du génie de Philippe Berry : « Ce qui se conçoit clairement s’énonce simplement », mais cela n’exclut pas la prise en compte de multiples et diverses subtilités.
La sculpture est affaire d’équilibre. Tout est affaire d’équilibre, les plus évidentes comme les plus
subtiles pensées. L’équilibre est un exercice dangereux. L’équilibre est un art.
On ne doit pas oublier que la virtuosité avec laquelle Philippe Berry joue et déjoue les
contraintes propres à sa discipline, et aux matériaux qu’il utilise, se manifeste rarement sans une connotation humoristique : distance critique nécessaire pour déjouer la négativité et la pesanteur du « pathos » ambiant.
Ce qui autorise à prendre en compte avec les jeux de formes, les jeux de mots.
Qui sont ces nounours, ces pingouins et ces éléphants que l’artiste présente en équilibre ?
Ils sont si justes que l’on jurerait qu’il les a rencontrés.
Sont-ce seulement des figures d’animaux, plus ou moins en peluche ?
Ne sont-ils pas aussi des hommes déguisés...
de gentils et gros nounours (ainsi que se qualifient certains amants),
des pingouins (le mot dans le langage populaire a le sens de “bonhomme” à l’allure comique et guindée),
des éléphants (le mot est employé dans de nombreuses locutions, en parlant des humains, pour désigner un homme lourd qui intervient dans une affaire délicate) ?
Équilibre que seule la sculpture peut réaliser, parce qu’elle sait aussi s’en amuser.
"Du 01/07/2009 au 27/09/2009
Saint-Bertrand-de-Comminges. Philippe Berry dans la joie enfantine
Pour Philippe Berry, Saint-Bertrand s'ouvre tel un bel écrin en attente de joyaux. Ceux des enfants.
Philippe Berry, sculpteur contemporain, frère du comédien Richard Berry, expose en Haute-Garonne durant tout l'été. 174 de ses œuvres sont à découvrir entre le château de Laréole et Saint-Bertrand-de-Comminges. « Philippe Berry fait sourire le bronze » comme l'aime à dire Marcelin Pleynet, auteur de la toute dernière monographie sur le sculpteur. Que le public n'ait crainte de se faire dévorer dans la fosse aux ours des Olivétains qui accueille jusqu'au 27 septembre les sculptures animalières de Philippe Berry.
Sur son passage, il fera la rencontre d'éléphants en équilibre, de la famille hippopotames, de la girafe au long cou qui en dit long sur son rapport avec les enfants. À quelques mètres de là, l'ancienne gendarmerie héberge elle aussi un monde enfantin. Ambiance sereine et colorée qui ne laisse pas insensible à la douceur de l'espace tel une galerie d'arts ou l'art de l'enfance et l'enfance de l'art inondent les lieux par magie. Cette magie des tout-petits à peine sortis du nid, déjà bercés, animés ou consolés par le mythique ours en peluche, objet de la nuit des temps qui ne doit pas tomber dans l'oubli.
Balade ludique, légère et jalonnée de gaieté, l'expo de Philippe Berry calque harmonieusement avec le langage de l'artiste ponctué de mots simples et tellement justes. « À travers mes bronzes, je souhaite transmettre toute la joie que j'ai éprouvée en les réalisant. C'est là mon plus grand plus grand plaisir, cela m'enchante. Cette expo n'est pas réservée à une élite, elle s'offre à un large public » souligne l'artiste qui, à ses heures, esquisse aussi quelques croquis rapides et remplit des cahiers. « Une bible qui canalise mes idées ». Son concept autour de l'enfance doit être perçu comme une lecture universelle venant s'inscrire à travers le bronze dans l'histoire de l'art. Nostalgique de l'enfance monsieur Berry ? « Non, je veux seulement laisser une trace de vie de l'instantané de l'enfance autour du jeu, du dessin… »


